Une alternative à un marché de l'art hors d'atteinte

Dans les salles de vente du monde entier, les prix des oeuvres d’art peuvent parfois atteindre des prix faramineux. Ces prix et ces pratiques font du marché de l’art un marché de niche ou seuls les plus fortunés peuvent être initiés. Certains ont donc décidé de prendre le contrepied de ce véritable business dans le but d’introduire l’art au plus grand nombre, et avec lui, cela va sans dire, la culture.

Plutôt que de vendre une oeuvre d’art à coup de chèque, espèces ou carte bleue, certaines galeries à contre courant proposent désormais lors d’opérations spéciales d’acquérir les oeuvres d’art en contrepartie de tout, sauf de l’argent. Les propositions de troc fleurissent ainsi et permettent au plus grand nombre de s’initier à un milieu souvent fermé, intimidant et froid.

Humaniser le marché de l'art

Le troc, conçu comme un engagement des plus personnels, incite les gens à se dévoiler, à installer un dialogue et à échanger. Que ce soit un week-end dans une maison de campagne, une consultation juridique, une année de cours de théâtre, les propositions de troc s’enchainent sans se ressembler et c’est l’artiste qui, à la fin de l’opération, décide de donner suite à la proposition créative qui aura su le séduire.

A Bruxelles, cela fait maintenant plus de dix ans que l’Art Truc Troc & Design rameute des milliers de curieux dans le palais des Beaux Arts, Bozar. Annuellement, plus de 300 oeuvres d’art y sont présentées, pour la plupart d’artistes emergents. Les offres de troc sont notées sur des post-its accolés aux oeuvres, la surenchère, visible reste quoi qu’il en soit bonne enfant et forme, en quelques sortes, une oeuvre d’art géante à elle toute seule.
C’est ça, la magie de la rencontre de l’art et de l’économie du partage.



Source image : Guillaume Durand